1970-1980

Changement de décor; le carrousel des parfums continue à tourner
 
Vouloir suivre la mode et les idéologies des années 70 c'est risquer l'essoufflement. La génération de la révolte estudiantine commença à s'accommoder du système, et à conquérir les postes universitaires et les fauteuils de direction; la consommation qu'elle avait rejetée devint une évidence.
 
Papa, dont les cheveux étaient à présent clairsemés et maman, dans ses vêtements folkloriques, constataient avec effroi que leurs progénitures élevées dans des garderies laxistes devenaient des «minets» bien coiffés, préférant le champagne.

La société explosa en une multitude de groupes, chacun se défendant d'être assimilable à d'autres groupes ou aux générations plus mûres: les «écolos» de la campagne ne voulaient rien savoir des snobs de la ville, les rockers au blouson de cuir ignoraient les «verts», les lesbiennes, les mères en salopette avec leur nourrissons, les femmes émancipées, les carriéristes.
 
La multiplicité des découvertes dans le secteur de la parfumerie fut à l'image de la diversité du bouleversement de la société éclatée. Partant de Cabochard, la tendance chypre introduisit au début des années 70 de plus en plus d'accents fleuris frais dans ses compositions, Éllipse de Fath, Empreintede Courrège et Sikkim de Lancôme.
 
Parallèlement, les notes vertes furent de plus en plus appréciées. Le premier succès des années 70 fut Chanel N°19, une composition verte, florale, très originale avec un accent iris dominant.
 
Elle fut suivie d'Alliage de Lauder, création élégante, sportive, verte, qui fut un produit phare. Vers la fin des années 60, les notes florales, qui continuaient à s'assurer une bonne place sur le marché, connurent un développement étonnant.

Il y eut d'abord deux parfums floraux américains: Estée de Lauder et Charlie de Revlon, un peu plus tard Chloé de Lagerfeld, le premier d'une série de créations à la tubéreuse, dont font partie Jontue de Revlon, Belle de Jovan et Enjoli de Ritz. Les notes aldéhydées," qui connurent alors un regain d'intérêt, prolongèrent des succès confirmés.
 
Parmi les nouvelles créations, on peut citer entre autres, Climat de Lancôme, Calandre de Paco Rabanne, Chamade de Guerlain, Rive Gauche de Saint-Laurent et Farouche de Ricci pour la tendance Boisée et poudrée soutenue, ainsi que Mystère de Rochas parfum aldéhydé d'un genre nouveau avec un fond âpre et boisé.
 
Les parfums orientaux furent redécouverts dans les années 70. Opium de Saint-Laurent n'est rien d'autre que l'apogée d'un concept, qui avait vu le jour dans les années 50 avec Youth Dew de Lauder et qui apparut dans les parfums raffinés des années 70, très érotiques comme Vu de Lapidus, Expression de Fath, l'ai osé de Guy Laroche, Cinnabar de Lauder et Magie Noire de Lancôme.
 
En outre, les notes vertes et les notes florales trouvèrent leur place, toutes les deux rajeunies, pétillantes, avec une note de tête éclatante, légèrement Fruitée, comme Amazone d'Hermès et Janine D/4711 dans la tendance verte, Quartz de Molineux, Anaïs Anaïs de Cacharel et Métal de Paco Rabanne point de départ d'une tendance «fleurs blanches».

 

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