1920-1930

Coupe au carré et Charleston: en route vers les notes imaginatives

Pour imaginer les extravagances des années folles, il faut absolument lire «Gatsby le Magnifique» de F. Scott Fitzgerald. Les jupes montèrent au-dessus du genou, la taille descendit aux hanches, les cheveux raccourcirent tandis que les colliers et les fume-cigarettes s'allongeaient. Au début de la décennie, l'inflation atteint son apogée, tandis qu'une société avide de plaisirs, danse décontractée, le Charleston.
 
Les airs à la mode, rengaines, explosent grâce à la radio et au phonographe.
 
Tout le monde vivait à l'aise dans un parfait chaos économique et social. Le terrain était propice à tous les excès, aux excentricités décadentes, aux amusements fous, mais aussi à une liberté intellectuelle sans précédent, à un humour satirique et à un goût avant-gardiste. L'Art Nouveau et l'Art Déco furent et restent jusqu'à ce jour les seules tendances artistiques nouvelles que nous ait légué le XXème siècle.
 
En même temps, on admirait sans réserve les techniques et le progrès. La fascination pour les machines, les automobiles, les avions, l'électricité, les records de vitesse, les capitales scintillantes dépassait la génération passée et enthousiasmait la nouvelle. On n'avait jamais autant adoré le progrès et les valeurs de la jeunesse. «Moderne» était un mot magique.
 
Cette jeunesse moderne se concentrait essentiellement dans les grandes villes. Des filles coiffées «à la garçonne», fardées, poudrées, et leurs cavaliers bien gominés, virevoltaient dans les salles de danse.
 
La femme moderne active, exerçant une activité professionnelle, sûre d'elle, cherchait moins à «paraître». Pour elle, Coco Chanel, jeune styliste de mode française, créa une garde-robe adaptée: des vêtements courts, sportifs - essentiellement des tailleurs - élégants, simples, sans falbalas.
 
Pour accompagner ses créations, elle fit composer un parfum, à qui elle donna le nom de Chanel N° 5. C'était un parfum à base d'aldéhydes aliphatiques, dont l'utilisation en parfumerie allait croissant. Ces composants de synthèse permirent l'élaboration de notes fantaisie nouvelles, pétillantes. Depuis les années 20, elles occupent une place de choix dans les compositions marquantes. Bois des Iles de Chanel et Arpège de Lanvin suivirent très vite. A côté de Coco Chanel et Jeanne Lanvin, d'autres maisons de couture comme Patou, Molyneux, Worth, Schiaparelli et Weil lancèrent leurs propres parfums.
 
Cette décennie fut l'une des plus créatives de l'histoire de la parfumerie.

 

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