1900-1910

Les fragrances florales perdent leur innocence

Au début du siècle, l'exubérance débordante de la Belle Époque ne déserta pas de si tôt les salons, les salles de danse et les boudoirs; l'air du temps n'obéit pas forcément au calendrier. Le début du siècle ouvre, avec les débuts de l'électrification, une ère scientifique et technique : Madame Curie étudia le rayonnement de l'uranium, le premier Zeppelin monta dans les airs, Caruso enregistra ses premiers disques. Cette époque où «grand-père épousa grand-mère» fut celle du bon vieux temps. La Reine Victoria, qui avait fortement marqué le siècle passé de son empreinte, mourut à un âge avancé (1901). L'habillement de la classe bourgeoise resta cependant très «victorien»: pantalons étroits sombres, vestes boutonnées très haut, faux cols raides pour les messieurs, corsets, robes sombres et amples, descendant jusqu'aux pieds pour les femmes.
 
Les senteurs florales prisées à ce moment-là commencèrent à perdre leur innocence. Certes, on trouvait encore des traces de jasmin ou de violette du siècle passé, mais les parfums monofloraux s'arrondirent de plus en plus en de vrais bouquets. Au début du siècle, Coty créa sa Rose Jacqueminot (1900); cinq ans plus tard, L'Origan, une senteur poudrée venue de l'oeillet. Cette tendance se développa via Quelques Fleurs  Houbigant, pour déboucher sur des compositions florales originales.

voir : Absolue de Jasmin , Absolue de Violette

 

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